Cette année 2025 a été marquée par les commémorations du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les bases sous-marines de la façade atlantique construites dans le cadre du Mur de l’Atlantique constituent un patrimoine emblématique de ce conflit. L’occasion de revenir sur un projet de valorisation par le numérique de la base de La Rochelle développé il y a quelques années au Musée Maritime à travers une expérience en réalité virtuelle.
La base sous-marine de La Rochelle s’intégrait dans un vaste système défensif allant du port de La Pallice jusqu’au slipway du Musée Maritime. Or, depuis son entrée en 2006 dans l’espace réglementé du Grand port maritime, la base n’est plus accessible au public, en dehors de la Journée Port Ouvert. Dans le cadre du projet européen MMIAH (Maritime, Military and Industrial Atlantic Heritage) que j’ai piloté jusqu’en 2020 pour le Musée Maritime, une expérience en réalité virtuelle y a donc été développée pour permettre aux visiteurs de se replonger de façon interactive dans la base, avec un casque de réalité virtuelle.
Sur le plan scénographique, le dispositif a été installé dans un faux bunker créé spécialement par l’équipe technique du musée, avec un décor et une mise en lumière rappelant la Seconde Guerre mondiale. L’ensemble a été complété d’une maquette prêtée par les Musées d’arts et d’histoire de la Ville de La Rochelle, d’un écran et de panneaux d’exposition expliquant la construction de la base et les réutilisations du bâtiment après-guerre, notamment par le cinéma.
Réalisé en partenariat avec le Grand Port Maritime de La Rochelle, ce focus sur l’histoire du port de La Pallice s’inscrivait dans une refonte muséographique du pavillon consacré aux ports rochelais, au sein de l’exposition permanente « La Rochelle, née de la mer ». L’expérience VR a été mise à disposition de la Maison du Port permettant au Musée Maritime de se positionner comme un partenaire stratégique du Grand Port Maritime, dans le cadre du Port center que celui-ci a depuis développé.
Ce projet a également été conçu en cohérence avec la mise en valeur des abords du slipway du musée dont la construction, entre 1942 et 1943, témoigne de la collaboration économique de certains armateurs de la pêche avec l’Allemagne, ainsi qu’en complémentarité avec le Musée du Bunker qui développe davantage l’histoire de La Rochelle pendant la Seconde Guerre mondiale. Enfin, un partenariat avec Atlantik Wall Europe avait été noué dans le cadre de la mise en réseau du projet MMIAH pour souligner la dimension transnationale de toute cette histoire.






