Avec l’exposition « Ré, île de loisirs, 1940-2000 », qui vient de succéder depuis le mois d’avril à « Loisirs en Ré, 1850-1939 », le Musée du Platin referme un chantier consacré à l’histoire du tourisme sur l’île de Ré.

La période traitée rappellera quelques souvenirs aux générations – Rétais de naissance, d’adoption ou touristes – qui ont connu l’ère des bacs, du camping, le puma Billy, la pêche à la palourde sur l’estran ou les débuts de la plaisance, « la belle adorée » chantée par Claude Nougaro, avant la construction du pont. C’est l’histoire d’un tourisme dont on a fini par oublier qu’il fut simple et pratiqué par des familles modestes – effet différé de la loi sur les congés payés du Front populaire.

A l’heure où beaucoup de discours dénoncent le tourisme et les riches parisiens, en idéalisant « l’île d’antan », l’exposition rappelle la surreprésentation dans les années 1960 des ouvriers et des employés parmi ces touristes, que le seuil de 50% de résidences secondaires est atteint dès 1968 et que les Rétais ont largement participé à cette dynamique touristique.

Ré, île de loisirs

La vente [à des campeurs] de telle parcelle
permet de s’acheter un réfrigérateur, telle autre sert
à financer l’achat d’un tracteur, le tourisme favorisant
l’accès des Rétais à de nouveaux modes de consommation.

L’exposition a été conçue en s’appuyant sur les recherches académiques de ces vingt dernières années, en collaboration avec le Musée Ernest Cognacq – qui m’a permis d’éplucher les innombrables numéros du Phare de Ré depuis les années 1950 -, la Communauté de Communes de l’Ile de Ré, les Archives départementales de Charente-Maritime, le Fonds Audiovisuel de recherche (FAR), l’INA mais également avec les Rétais eux-mêmes qui ont prêté photos, objets et témoignages, à l’issue d’un appel à collecte.

Par-delà la part de nostalgie et les reconstructions mémorielles a posteriori, c’est l’occasion d’explorer les profondes mutations économiques, sociales et culturelles qui ont marqué Ré depuis 60 ans et continuent de se faire sentir aujourd’hui. Le destin d’une île de paysans, de pêcheurs et d’ostréiculteurs gagnée par une modernité touristique avec toutes ses contradictions.

Image de une : © André Diédrich

Réalisation :
Commissariat d’exposition, documentation et rédaction des contenus : Romain MASSON / Jean-Marie Chauvet d’Arcizas
Conception graphique et production des visuels : Shyne Graphik.
Date : avril 2025

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