Cette exposition réalisée en 2021 dans l’ancienne frégate météorologique France I retrace l’histoire de la prévision du temps, des Anciens jusqu’aux satellites et l’invention de la climatologie moderne.

Si le France I constitue depuis plus de 30 ans le navire amiral du Musée Maritime de La Rochelle, l’histoire de la prévision météorologique n’a pas attendu les navires météorologiques. Il fallait raconter cette longue histoire mais en évitant de faire une exposition centrée sur les découvertes techniques et scientifiques et les grands inventeurs qui ne parlent qu’aux passionnés. C’est donc une approche de ces découvertes dans leur lien avec la société et réintégrées dans leur contexte historique, économique, social, culturel, technique et géopolitique qui a été retenue. D’où un détour par les pratiques des paysans ou des pêcheurs du Moyen Âge avant d’explorer les premiers instruments de mesure dès le XVIIe siècle, les premiers relevés météorologiques et l’utilisation de la science – trop souvent considérée comme « neutre » – par le politique, notamment à travers le développement des premiers réseaux météorologiques dès le milieu du XIXe siècle, dans une ère de mondialisation des techniques.

Exposition "Prévoir la pluie et le beau temps" - Musée Maritime de La Rochelle

Après une première partie consacrée à la prévision du temps de l’Antiquité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, on entre ensuite via la salle des transmissions dans la salle retraçant le France I, comme navire météorologique de 1958 au milieu des années 1980. Une troisième partie évoque la révolution des satellites et le passage de la météorologie à la climatologie, faisant écho au propos de l’exposition temporaire Climat-Océan. Afin d’ancrer le propos dans le territoire rochelais, un focus est consacré à La Rochelle, à travers les premiers relevés météorologiques au XVIIIe siècle par des notables souvent protestants, suivi d’une mise en perspective des événements extrêmes : le tempête de 1999 est comparée à celle de 1784, et la submersion Xynthia de 2010 avec celle de 1788.

Exposition "Prévoir la pluie et le beau temps" - Musée Maritime de La Rochelle

Enfin, une dernière partie est l’occasion d’interroger nos imaginaires climatiques, de l’explication divine des phénomènes aux relations entre climat et santé, et la mémoire souvent fugace des événements météorologiques sur la longue durée.

Entre le XVIe et le XXe siècle, on estime que la mémoire
collective reste active entre deux à cinq ans pour
la plupart des événements météorologiques, mais peut
perdurer une trentaine d’années dans le cas d’inondations
ou de sécheresses majeures
.

Sans oublier, dans une perspective de dialogue arts et sciences, la représentations des saisons et des phénomènes météorologiques dans l’histoire de l’art, des hivers dans la peinture hollandaise du Grand Siècle (Pieter Brueghel, Jacob van Ruisdael) aux nuages d’un John Constable ou d’un Luke Howard dont la classification reste très proche de celle encore utilisée par les scientifiques aujourd’hui.

Réalisation
Commissariat d’exposition et rédaction des contenus : Nathalie Fiquet, Romain Masson – Calypso projet
Conseil scientifique : Emmanuel Garnier, (CNRS -Université de Bourgogne Franche-Comté), Marie-Noëlle Pépin (Météo-France), Frédéric Surville (Association pour la Villa Médicis du Littoral).
Scénographie et conception graphique : Jean-Marie Chauvet d’Arcizas, Shyne Graphik – Pauline Chauvet
Avec le soutien de programme Interreg Atlantic Area (projet MMIAH)

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